Etes-vous un animateur multimédia 2.0 ?

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Le Web 2.0, c’est l’évolution actuelle d’Internet vers un fonctionnement où il n’y a plus d’un côté les producteurs d’information et de l’autre les consommateurs, mais où tout un chacun est surfeur, lecteur, créateur et auteur en puissance. Ce modèle n’a rien de révolutionnaire puisqu’il est à l’origine de la création d’Internet. Mais c’est seulement maintenant qu’il commence à porter de beaux fruits... et qu’il peut se retrouver au coeur du métier d’animateur multimédia.

Le rôle de l’animateur multimédia dans un espace public numérique est de faciliter l’accès du public aux nouvelles technologies, en développant en particulier des usages citoyens et créatifs du Web et en s’attachant à ce que les publics les plus éloignés (familles défavorisées, personnes handicapées, personnes âgées...) y aient accès comme les autres [1].

Le Web 2.0 (qui commence à faire la une des journaux, comme par exemple celle du quotidien Libération du 30 août 2006, qui titre en première page "Web 2.0, la deuxième révolution du Net") entend remettre l’internaute sur le devant de la scène et faire d’Internet, d’un média de masse, un média personnel.

Le métier des premiers ne rejoint-il pas les préoccupations du second ?


Web 2.0, késako ?

L’expression "Web 2.0" a été lancée en 2003. Elle fait le constat qu’aujourd’hui, autant les "logiciels sociaux" [2] que les usages des internautes sont mûrs pour un Internet qui reposerait sur la production et l’échange de contenus par le plus grand nombre [3], davantage que sur la maîtrise du Web par quelques-uns.

Les premiers logiciels "gestionnaires de contenus" - c’est-à-dire facilitant la création et la mise en ligne de textes et images - datent de 1999-2001, avec Php-Nuke (1999) et Spip (2001). La vogue des blogs en France démarre en 2003 avec les skyblogs. De nouveaux outils complètant ces premiers, les internautes investissent aujourd’hui une grande part de leur énergie à échanger de l’information et des contenus, c’est-à-dire à en consommer sur des sites où il en peuvent aussi en produire et vice-versa.

Cet investissement qui devient parfois frénésie s’explique par la facilité (et souvent la gratuité [4]) d’utilisation de ces nouveaux outils, par la richesse et la diversité des contenus que l’on peut y trouver chaque jour et par l’"effet communauté" qui incite à revenir régulièrement communiquer avec des internautes partageant les mêmes centres d’intérêt.

Ces nouveaux outils que sont des sites de partage de contenus ou les vidéoblogs (vlogs) permettent ainsi, en quelques clics, de mettre en ligne photos, vidéos, etc. depuis un appareil numérique ou un téléphone portable, et éventuellement d’abonder si on le souhaite d’immenses banques d’images auxquels chacun peut accéder de façon gratuite ou payante. On rentre ainsi, peu à peu, dans une logique de donnant-donnant : pour recevoir (des infos, des contacts, de la reconnaissance, etc.), il faut apporter des choses aux autres. Ces échanges de contenus de différentes sortes s’effectuent souvent dans des cadres juridiques nouveaux qui favorisent la diffusion des oeuvres plutôt que la rémunération de leurs créateurs.

Les investisseurs de l’Internet ne s’y trompent pas puisque Yahoo a acheté www.flickr.com [5] en 2005 ; News Corp de Rupert Murdoch est devenu propriétaire de MySpace.com, site de partage de photos, d’écrits et de créations multimédias, et Google a acheté le site de partage de photos Picasa et s’est également allié avec MySpace.


Quelques exemples de ce que le Web 2.0 nous propose dès aujourd’hui

  • http://fr.wikinews.org est un site d’actualité géré par les internautes,
  • le slogan de www.wikio.fr est "le média, c’est vous". Ce sont les internautes qui classent par ordre d’intérêt les événements d’actualité. Le site présente ainsi au nouveau venu une actualité choisie et hiérarchisée par les internautes.
  • www.yoono.com est un moteur de "recherche collaborative".
  • http://fr.answers.yahoo.com est un service de Yahoo qui permet d’obtenir des réponses adressées par des internautes à des questions ou des recherches.


Là où les animateurs multimédias peuvent être des acteurs du Web 2.0

Le Web 2.0 n’est-il pas une nouvelle corde à mettre à l’arc des animateurs multimédias ? Car, malgré les promesses qu’il recèle, ce Web 2.0 est encore peu connu et utilisé. D’autre part, comme tout nouvel usage des TIC, il recèle des bonnes et des mauvaises surprises pour les non-initiés et gagne donc à être accompagné afin que chacun puisse, s’il le désire, participer à ces échanges et apporter un mieux être

Alors, comment, en tant qu’animateur multimédia, aider les usagers de son espace public numérique à se repérer dans le Web 2.0 ? Par exemple en essayant de développer des activités autour des thèmes suivants :

  • Eduquer à l’information et à la production de contenus, en sensibilisant au passage aux aspects juridiques de cette dernière. Car si cette production reprend en petite ou grande partie des contenus déjà existants par ailleurs, des questions d’autorisation et de droits se posent.
  • comment créer et animer de blogs texte, photos ou vidéos, en utilisant les outils rss dont ils sont équipés,
  • effectuer une veille dans la presse et sur Internet sur les échanges et réflexions sur le Web 2.0, et y participer,
  • et lire à http://framasoft.net/article4326.html l’article de Karl Dubost "L’esclavage 2.0, eux, nous et moi...", qui dénonce quelques discours enchanteurs sur "la deuxième révolution du Web".

À lire aussi :


[1] « Ce qui fait l’originalité d’un epn, c’est l’accompagnement qu’il propose au public, et donc le rôle de ses animateurs multimédias, qui fait que derrière chaque activité proposée, il y a une finalité, une arrière pensée pédagogique, sociale, culturelle ou citoyenne ». Voir l’article Coup de projecteur sur le groupe de travail « Accès public à Internet », avec Loïc DAYOT, sur http://www.generationcyb.net.

[2] Qui permettent la mise en relation sur Internet de personnes partageant les mêmes centres d’intérêts et facilitent l’échange d’information ou de fichiers entre eux.

[3] Des “contenus générés par l’utilisateur” ou UGC (user-generated contents).

[4] Le modèle économique prédominant dans le Web 2.0 est le financement par la publicité.

[5] Site de partage de photos.

Mis en ligne le jeudi 31 août 2006 sur http://www.generationcyb.net.

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